Notre-Dame-des-Landes, un creuset pour les mouvements citoyens"

Publié le 11 Décembre 2012

Tribune parue dans LE MONDE | 06.12.2012

La lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est une lutte pour l'avenir. Elle s'oppose à un projet d'aéroport pharaonique, conçu dans les années 1960, inutile sur le plan économique et financièrement coûteux pour l'Etat et les collectivités territoriales, alors que le déficit budgétaire est utilisé pour justifier l'austérité sociale et retarder la transition écologique.

Les dizaines de milliers de manifestants du 17 novembre dernier, accompagnés de centaines de tracteurs, s'opposent au saccage de 2000 hectares de terres agricoles et de bocages, à l'expulsion des paysans et de tous ceux qui occupent ces terres et les maisons abandonnées.

Cette résistance exprime le refus d'une dérive face au changement climatique et à la destruction de la biodiversité. Elle rejette un modèle prédateur imposé au nom du "développement". Cette lutte, pleinement d'aujourd'hui, en rappelle pourtant une autre, menée il y a quarante ans au Larzac.

Dans les deux cas, on retrouve la défense des terres et des paysans, l'occupation du site et la transformation des combats citoyens en laboratoires d'expérimentation sociale et de solidarités concrètes. Aujourd'hui comme hier, les opposants pratiquent toutes les variétés de résistance, toujours non-violente.

L'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa) a ainsi démonté point par point les arguments avancés par les gouvernements successifs et souligné les carences, voire les mensonges des expertises officielles.

La créativité populaire a engendré des centaines de réunions d'information des populations, des recours juridiques, la désobéissance civile, des grèves de la faim, la montée de tracteurs vers Paris, des occupations de terres, des convergences avec d'autres luttes européennes contre divers grands projets inutiles et coûteux. La ZAD, zone d'aménagement différé, a été rebaptisée zone à défendre et investie par de nombreuses personnes qui y vivent. C'est cette zone qui fait actuellement l'objet d'expulsions d'habitants et de destruction de cultures.

Dans le sillage des paysans et des habitants de la région, comme au Larzac, des milliers d'autres citoyens se sont joints aux luttes parce qu'ils ont compris que les revendications portées sur ces terres agricoles et ce bocage allaient bien au-delà de la seule défense d'un territoire.

De même que le Larzac est devenu un symbole du refus du militarisme, Notre-Dame-des-Landes traduit le rejet de l'exploitation toujours plus féroce des êtres humains et de la nature au nom de la rentabilité des capitaux.

La résistance contre le géant de la construction Vinci, choisi pour bétonner ces milliers d'hectares, devient aussi le symbole du refus du règne des entreprises multinationales et de l'industrie financière, aidées par l'Etat à s'enrichir grâce à la dépossession d'autrui.

Notre-Dame-des-Landes, un creuset pour les mouvements citoyens"

Rédigé par Collectif du Pays de Morlaix contre l'aéroport de Notre Dame des Landes

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